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Mercredi 20 mai 2009 3 20 /05 /Mai /2009 09:40


De véritables arsenaux dorment dans les caves de certaines banlieues. Photo archives AFP

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L’utilisation d’armes de guerre par le milieu n’est pas un phénomène récent.

La prolifération des armes de guerre inquiète policiers et élus depuis plusieurs années. En 2007, Marc Le Fur, député UMP des Côtes d’Armor, interrogeait la ministre de l’Intérieur sur les moyens utilisés pour lutter contre les « véritables arsenaux guerriers » aux mains des bandes. L’élu rappelait que l’Observatoire national de la délinquance notait une hausse de 9,5 % des armes saisies entre 2005 et 2006, soit « 5004 armes, 192 500 munitions et 292 engins explosifs ».
En 2001, le sénateur du Rhône, René Trégouët, s’était ému de l’utilisation de lance-roquettes et de kalachnikov dans « les sphères de la petite et moyenne délinquance ». Le ministre de l’Intérieur d’alors, Daniel Vaillant, avait révélé qu’en 2000 ses services avaient saisi « 8500 armes à feu dont 26 lance-roquettes et une cinquantaine de fusils d’assaut de type kalachnikov ».
L’année 2000 avait été particulièrement sanglante, avec plusieurs attaques contre des transports de fonds qui avaient fait quatre morts. Interrogés dans une enquête du Nouvel Observateur, les policiers dressaient ce triste constat : « Dans les banlieues, il y a de plus en plus de "oufs", c’est-à-dire de fous furieux. » Des gendarmes ajoutaient, « il ne se passe pas une nuit sans qu’une de nos patrouilles ne soit accrochée ».

12 à 20 millions d’armes

Les chiffres de l’arsenal illégal en France sont impressionnants. Selon des statistiques publiées en 2002, douze à vingt millions d’armes clandestines circuleraient dans l’Hexagone, soit une hausse de 19,5 % en cinq ans.
Le prix de ces armes est tout aussi éloquent. La kalachnikov se négociait entre 130 et 250 €, alors que le lance-roquette à tir unique coûtait aux alentours de 3000 €. L’Office central pour la répression du trafic d’armes a été chargé de lutter contre ces dérives.

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